Éditos

A propos de la Chine

Depuis le début des évènements relatifs aux Jeux Olympiques à venir, on ne cesse de m’interroger : quelle est mon opinion ? Et après le passage de la flamme olympique à Paris dans les conditions que l’on sait, les questions ont fusé de plus belle.

Ne sachant pas si 1 an et demi passé en Chine – et les relations très proches que j’ai conservées depuis – me donnent quelque légitimité à avoir une opinion plus « autorisée » que n’importe qui, j’ai souhaité prendre le temps nécessaire pour digérer les événements, écouter les arguments des uns et des autres, fouiller dans ma bibliothèque personnelle, et regarder « le feu prendre », tant dans les médias traditionnels que sur le net.

Tout d’abord, il est amusant de constater que ce qui se passe entre la France et la Chine est parfaitement révélateur des psychologies chinoise et française. Exactement comme la crise entre les USA et la France au début de la seconde guerre en Irak était parfaitement symptomatique des psychologies américaine et française.

Nous sommes décidément très forts pour provoquer les étrangers exactement sur ce qui est important pour eux : les américains sont fiers de leur puissance militaire, de leur armée, de leur démocratie; nous leur avons dit que tout cela était foutaise, que leur démocratie allait violer le droit international et que leur armée si puissante allait s’enliser… Nous avions raison, bien sûr. Et nous avions toute légitimité à les prévenir, bien entendu, et surtout en tant que partenaire et ami. Mais avoir raison et être légitime ne sont pas deux raisons suffisantes pour blesser une nation, pour l’attaquer sur ce qui lui est sensible. Un minimum de psychologie ne fait de mal à personne.

Avec la Chine, bis repetita.

Il n’y a que ceux qui n’ont jamais mis les pieds en Chine pour imaginer que c’est un pays qui souffre d’une dictature sanglante. La Chine n’est pas la Roumanie de Ceaucescu, dans laquelle personne n’avait le droit de s’adresser à un étranger, dans laquelle la TV émettait 2 heures par jour, dans laquelle la viande était une denrée rare. Non. Rien à voir. La Chine est une super puissance moderne, ultra-capitaliste, dont le seul dieu est le Dollar. Et vous savez quoi ? La Chine a une psychologie DIFFERENTE de la nôtre ! Incroyable, non ?

Certes, ça vous paraît évident, une lapalissade, à lire comme ça, sauf que notre comportement collectif semble totalement faire fi de cette simple évidence. Jetons un oeil sur quelques faits qui peuvent éclairer ces différences.

Tout d’abord, les Chinois – les Han – ont vécu pendant des siècles sous domination plus ou moins étrangère. Pendant des CENTAINES d’années, des ethnies diverses ont dirigé l’empire, et durant les dernières années avant la révolution de Mao, c’est nous, Anglais, Français, Américains, qui avions le pouvoir… Regardez comment nous, en France, ressassons sans arrêt nos quatre ans d’occupation… QUATRE ANS ! Pendant quatre ans, les allemands avaient le pouvoir en France, et nous ne cessons de nous référer à cette époque. Ensuite, grâce au tour de magie de De Gaulle, nous avons réécrit l’histoire et complètement fantasmé « La Résistance ». Nous avons idéalisé notre propre réaction à ces quatre années… mais alors… qu’en serait-il si au lieu de quatre ans, les Allemands, puis les Anglais, puis les Australiens, puis les Belges, avaient successivement dirigé la France pendant 500 ans, pendant 1000 ans ? C’est exactement ce qu’ont vécu les Chinois…

Et les allemands, eux, n’ont pas détruit Versailles… Connaissez-vous l’histoire de l’ancien Palais d’été des empereurs chinois ? Une merveille mise à sac et brûlée en 1860 par les Français et les Anglais… Ecoutez Victor Hugo vibrer dans une lettre :

Cette merveille a disparu. Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé, l’autre a incendié. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits. Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre.

Qu’imaginez-vous qu’il se passerait, en France, si les allemands, en 2008, se mettaient à nous offenser, même A RAISON ? Alors qu’imaginez-vous qu’il se passe dans l’esprit d’un chinois qui voit ses amis de France manquer de respect à son drapeau ET à ce qu’il estime être l’intégrité territoriale de son pays ?

Le nationalisme est une maladie, une pathologie. Mais… on connaît son terreau : l’humiliation nationale, collective, sur laquelle les populistes peuvent surfer avec tant d’aise. On sait quelle réaction a engendré la défaite allemande en 1918… on sait aussi que Mao a construit sa popularité sur une Chine UNIE, RASSEMBLEE, et « AUX CHINOIS ». La Chine aux Chinois ! Il n’y a bien qu’en France qu’on trouve ça raciste…

La Chine a peu ou prou 6000 ans. Mais elle n’a retrouvé de fierté nationale – et de visibilité internationale – que depuis environ 30 ans. Ça fait peu. Nier ce fait est idiot. Ne pas l’intégrer dans une réflexion est irresponsable. Et cette fierté nationale leur a été rendue par un seul homme : Mao.

Il y a une énorme différence entre Mao et les autres dictateurs du XXème siècle : Ni Hitler, ni Lénine, ni Staline, n’ont UNI un pays jadis divisé. C’est la raison pour laquelle Mao a toute sa place aujourd’hui encore dans le coeur des chinois. Personne ne les y force. Aucune dictature ne peut vous forcer le coeur.

Le Tibet est-il chinois ?

Je trouve le débat « Le Tibet fait-il partie de la Chine ? Est-ce une occupation ? » complètement – mais alors vraiment – idiot. Cela consiste à remonter dans le temps pour trouver un lien – ou l’absence de lien – entre trois éléments : une terre, un peuple, un pouvoir. Cela engendre par exemple les problèmes en Palestine, qui pourrissent la vie du monde entier depuis 1948.

Nous avons tous la possibilité de savoir exactement qui dirigeait le Tibet en 1740, en 1234, ou en 853. Mais qu’importe ? J’ai fouillé dans ma bibliothèque. J’ai des cartes anciennes du grand cartographe Nicolas de Fer qui montrent bien qu’il y a La Chine d’un côté, et Les Royaumes du Tibet de l’autre. Ca, c’est la géographie. Mais l’honnêteté oblige à interroger aussi l’Histoire, en plus de la géographie. Et l’Histoire dit qu’au moment où ces cartes furent gravées, ces Royaumes du Tibet étaient – en quelque sorte, pardonnez le mot – sous « protectorat » chinois. Alors ? QUELLE IMPORTANCE ? Faut-il pousser le ridicule jusqu’à remonter à 20.000 ans ? Aux cavernes ? Ridicule, vous dis-je. La préemption ethnique sur une terre est une manière de penser qui a montré sa dangerosité, et il faut se croire un « peuple élu » pour encore y attacher quelque crédit. Mais c’est un autre sujet.

Rions encore un petit peu ensemble. Le très à gauche Maire de Paris vient de nommer le très religieux Dalaï Lama citoyen d’honneur de la Ville de Paris. Dont acte. Bertrand Delanoé indique donc son soutien à un leader religieux qui veut rétablir une THEOCRATIE ! Bertrand Delanoé est donc en quelque sorte pour l’alliance du trône et de l’autel ! Wow ! Si ça ce n’est pas une nouvelle ! Sérieusement, tous ces mouvements droit-de-l’hommistes et ces leaders de gauche qui parlent du Dalaï Lama la main sur le coeur soutiennent de facto le promoteur d’une théocratie. En ont-ils bien conscience ? Est-ce vraiment leur idéal d’Etat ? Puis-je rire ?

Les chinois sont des enfants.

Il n’y a aucun paternalisme – ce serait ridicule et illégitime – à poser ainsi une vérité : les chinois sont de grands enfants naïfs. Evidemment, la mythologie – et les hommes d’affaires français de retour de Chine frustrés (pléonasme) – ont véhiculé une image du « chinois » bien différente de celle-là. D’abord il était cruel, puis intraitable, excellent businessman, menteur, tricheur, gros travailleur, etc. Bref, tout pour excuser nos échecs commerciaux :-)

Je laisse à votre perspicacité le soin de trier. Juste un indice : aucun pays passé par le communisme n’a engendré de « gros travailleurs », puisque le propre du communisme est de rompre tout lien entre travail, richesse et propriété. Inutile de travailler beaucoup. Ça ne sert à rien pour soi-même. Stakhanov a été mis en exemple POUR LE PAYS, pas pour la richesse liée à son travail (il était mineur !).

Non, les chinois sont de grands enfants, y compris dans leurs aspects les plus sombres. Leur dictature est enfantine, qui est persuadée qu’elle peut bloquer l’internet. C’est drôle, non ? Leur censure est ridicule. Parlons de radio un instant. On m’avait interdit de diffuser « Sex Bomb », car trop scabreux. Mais on m’a laissé passer le single suivant , « Mama told me not to come »… juste parce qu’ils ne comprenaient pas :-) C’est drôle, non ? Et je diffusais « The Wall » dans les golds. Qui auraient pu penser qu’on pouvait diffuser The Wall (« we don’t need no thought control« ) sur une radio d’Etat en Chine ? hein ? Leur censure est immature, risible.

Dans les entreprises chinoises, les punitions sont le lot quotidien. J’ai mal fait ? Punissez-moi, chef. Aujourd’hui, en 2008. N’est-ce pas ridicule ? Enfantin ?

Vous raconterai-je l’histoire de ce colonel de l’armée chinoise (cette armée qui fait trembler le monde, paraît-il ?) qui visitait Paris ? On lui propose d’aller faire un tour dans les catacombes. Il descend. Puis, il comprend. Il voit les ossements, les crânes. Son sang se vide. Il devient blême, à la limite de l’évanouissement, et se met à courir tout droit comme un dératé en hurlant, pour ressortir en quatrième vitesse. Les chinois ont peur des morts, comme les enfants. Ils pensent que les morts sortent de leurs tombes la nuit. Comme les enfants. Ils poussent même jusqu’à ne pas prononcer le nom d’un cimetière célèbre de Pékin… on ne dit pas le nom.. on dit « là-bas »…

Quant à leurs vexations et leurs réponses, elles sont proprement immatures aussi. Je ne reproduirai pas ici les insultes proférées la semaine dernière à Wuhan contre Sainte Jeanne d’Arc, ou les symboles nauséabonds appliqués sur le rouge et le bleu de notre drapeau, mais bon, franchement, ça ne respire pas l’intelligence… Ca me rappelle les mahométans qui brulaient des drapeaux suisses croyant brûler des drapeaux danois ! Que tout cela indique un Q.I. des plus désespérants !

Car puisque le chinois se vexe, il veut aussi vexer, pensant que notre psychologie est identique à la sienne. Comme le pensent des enfants. Et nous rions, car on ne vexe pas des français sur leur nation. Il y a bien longtemps qu’ils s’en foutent les français, de leur nation. C’est ce qu’avaient essayé les américains aussi avec tous ces sites webs et leurs blagues anti-françaises. Mais… qui les collectionnait, les blagues anti-françaises ? LES FRANCAIS ! :-)

Puisqu’il faut bien parler des droits de l’Homme.

La raison du bruit de boycott autour des Jeux Olympiques serait donc une soudaine prise de conscience en Occident qu’il y a un sérieux problème de droits de l’Homme en Chine. Bien. Qu’en est-il ?

Comme chacun le sait, en Chine, il est totalement impossible de critiquer ouvertement la forme du gouvernement, comme ses décisions. Puis-je néanmoins rappeller à toutes fins utiles que quiconque en France souhaiterait « remettre en cause la forme républicaine de l’Etat » (sic) serait passible de la Haute Cour de Justice de la république ? Le saviez-vous ?

La Chine a pris l’option inverse de celle de l’URSS de 1990. Pas de Perestroika, pas de Glasnost. Mais une très précise instauration de l’économie de marché. La Bourse à Shanghai. Une économie de plus en plus offensive. Et surtout, ne pas relâcher le pouvoir. Tenir. Tenir ce pays-continent. Tenir 1 MILLIARD et 300 MILLIONS d’humains. Pendant que nous ne savons même pas tenir nos banlieues. Les chinois ont pris l’option inverse de la Russie pour sortir du XXème siècle. Et… à qui l’Histoire donne-t-elle raison ? Quel est le pays le plus sûr ? le plus fiable ? le plus riche ? avec le futur le plus prometteur ? la Chine ou la Russie ?

Quelle solution magique les Droits-de-l’hommistes ont-ils à proposer ?

Mais il y a la peine de mort, ultime barbarie.

Il y aurait un article entier à écrire sur ce sujet.

Commençons par clarifier quelque chose qui n’est pas souvent dit : en Chine, la vie humaine n’est pas sacralisée, et c’est de NOTRE FAUTE.

Petit cours d’Histoire. Nous considérons la vie humaine comme sacrée, car dans notre subconscient est inscrit le « Tu ne tueras pas » du Décalogue. Nous sommes Judéo-Gréco-Chrétiens. Toute notre philosophie attache de l’importance à la vie et au corps, temple de notre âme. Soyons clairs : les chinois n’en ont rien à faire, y compris ceux qui vont au temple pour « prier » (demander argent-succès-santé à un Bouddha repus). Ils ont des idoles, pas un Dieu. Or, nous avons une énorme responsabilité là-dessus, car pendant des décennies, les Jésuites ont eu le pouvoir en Chine. Certains étaient de véritables Mandarins, habillés tels, et ayant accès quotidien à l’empereur. Qu’en avons-nous fait ? Tout ça s’est terminé dans des querelles entre catholiques, poussant l’empereur à nous expulser ! Bravo… Nous avions tout pouvoir pour inculquer nos valeurs – et entre autres le décalogue – et nous n’avons rien fait, rien changé dans ce pays, si ce n’est y avoir fait pousser quelques églises. Nous avons failli à la mission d’évangélisation qui consiste – en grande partie – à parler de l’amour du prochain : le chinois, aujourd’hui, n’a rien à faire de la vie d’un homme.

Je me souviens de cette femme américaine, qui venait faire des conférences en Chine sur les droits des animaux… Je l’ai recueillie en pleurs dans mon bureau de Pékin un soir, parce qu’elle venait de découvrir qu’elle faisait face à un mur. Son argumentaire, en occident, était de dire « ne faites pas aux animaux ce que vous ne feriez pas aux être humains ». Mais, en Chine, me dit-elle en sanglotant « ils le font aux êtres humains !!!!! ». Son argumentaire s’annihilait.

Alors oui, les chinois sont solidaires, s’occupent à merveille de leurs aînés, les respectent, mais tout rapport au corps – espace vital (prenez le train de nuit entre Pékin et Shanghai…), bruit, politesse corporelle, manière de toucher les gens (un gardien de musée lambda ou un policier vont vous agripper comme un chien s’ils décident que vous n’êtes pas là où vous devez être), tout révèle un total mépris pour ce corps que nous adulons beaucoup trop chez nous. Il y a là une violente différence, extrêmement difficile à supporter.

De cette différence découle l’acceptation des châtiments corporels, allant jusqu’au châtiment ultime : la peine de mort, en général précédée d’un simulacre de justice. Une honte. Mais, une fois de plus, quelle leçon avons-nous à donner ? Nous tentons EN MEME TEMPS de promouvoir la démocratie (le pouvoir réellement donné au peuple) et l’abolition de la peine de mort.. grand écart ultra hypocrite qui fait l’impasse sur le fait qu’en France, par exemple, la peine de mort a été abolie CONTRE l’avis du peuple ! En 1981, les français étaient POUR la conservation de la peine de mort. Les députés, violant le principe de représentativité, l’ont abolie. En violant la représentativité de notre démocratie. Comment se dépêtrer de cet imbroglio ?

Oui, les problèmes de droits de l’Homme sont nombreux en Chine. Mais non, ce n’est pas en critiquant un peuple, une nation par son nom, que nous aboutirons à quoi que ce soit.

De la propagande

Méfiez vous. Si la Chine est – en bonne héritière communiste – le royaume de la propagande (également ridicule, la plupart du temps), nous n’en sommes pas exempts non plus. Je me souviens de cette amie qui était correspondante permanente en Chine pour France 2. Lorsqu’elle envoyait à Paris un sujet sympa (une expo, un reportage sur un artiste, une initiative sociale, etc.), le sujet était irrémédiablement refusé par la rédaction parisienne. Non, il fallait impérativement dire du mal… critiquer négativement… sinon, pas de diffusion.

Il faut connaître la psychologie des rédactions du « service » public pour comprendre cette idiotie. En France, les journalistes du public sont les plus violents dans leur critique permanente de tout pouvoir. Comme s’il fallait à chaque minute exorciser le fait d’être payé par l’Etat… D’ailleurs, dites « radio d’Etat » à quelqu’un de Radio France, il s’offusquera et répondra, l’air pincé : « de service public, de service public…pas d’Etat ! »

Ces gens ont fait de la critique permanente un art, une manière de penser, ou plutôt une manière de ne jamais penser, de ne jamais se remettre en question. Liu Yi, mon amie journaliste de Phoenix TV, était accueillie par Laurence Bobillier sur le plateau du Soir 3 la semaine dernière… Vous n’imaginez pas l’accueil dans les locaux… De la HAINE à l’état brut. Une journaliste chinoise… deux options : ou bien elle est en prison, et donc c’est une véritable journaliste… ou bien elle va bien, et c’est donc un suppôt de la dictature, qu’il faut « se faire » à l’antenne (entendez : massacrons-la). Ces pauvres imbéciles n’ont évidemment jamais mis les pieds en Chine, et, de surcroît, ne peuvent comprendre qu’on puisse sincèrement AIMER son propre pays, puisqu’ils détestent tout du leur. Alors, avec une psychologie de fort des halles, ils envoient des piques contre le pays, contre la nation, et n’obtiennent que de vexer leur interlocuteur… Quel talent !

Je me souviens d’une autre flèche de TV5 m’expliquant au téléphone que, de toutes façons, lorsqu’on a un chinois sur le plateau, c’est pour « se le faire ». La grande classe.

Croyez-vous que les chinois ne le savent pas ?

Croyez-vous qu’il soit intelligent de taper sur des gens en raison du ridicule de leur gouvernement ?
Et nous alors ? Nous qui avons le chef d’Etat le plus ridicule de ces derniers 1500 ans ?

Alors voila… voila ce que je pense du dossier « Jeux Olympiques en Chine ».

Je pense que des dizaines de paramètres historico-culturo-psychologiques se mêlent soudain, se croisent, se groupent, pour créer une grosse boule de malentendus.

Les chinois sont extrêmement sensibles aux symboles. En bons païens, ils font tout un foin pour le 14 février, le nouvel an lunaire, la journée de la femme, la fête de mi-automne, et toutes autres joyeusetés considérées ici comme purement commerciales et sans le moindre intérêt. Ils s’attachent aux SYMBOLES.

Dans leur processus de rapprochement d’avec la communauté internationale (processus TRES récent), il y a eu des étapes symboliques. Ils ont cicatrisé deux blessures en récupérant Hong-Kong des anglais et Macao des portugais. C’est leur Alsace et leur Lorraine. Nous avons fait la guerre pour ça. Pas eux. Ils n’en ont pas eu besoin. Ensuite, ils ont fait leur entrée dans l’OMC. Autre victoire, riche symboliquement.

Ils ont cette année les Jeux Olympiques. Comprenez-vous maintenant, après avoir lu ces lignes, pourquoi c’est une excellente nouvelle ? Les Jeux Olympiques ! La Grand-Messe planétaire ! Le plus gros évènement mondial ! Comprenez-vous que le MONDE ENTIER a TOUT INTERET à ce que les Chinois trouvent des moyens PACIFIQUES de retrouver leur fierté ? Comprenez-vous que nous devons accompagner avec sincérité et bienveillance leurs Jeux Olympiques ? Comprenez-vous que les insulter encore et encore comme nous l’avons fait pendant des années et des années sur place, en les réduisant à l’état d’esclaves, ne peut rien apporter de bon ? Comprenez-vous que le boycott (ou tout autre ridicule manifestation du genre « le Président ne viendra pas à la cérémonie d’ouverture » – comme si ça changeait quelque chose !) ne peut qu’avoir des effets désastreux ?

Les Jeux Olympiques n’empêchent pas un populiste au pouvoir de déclencher un cataclysme. L’Allemagne de 1936 en est la preuve. Mais point n’est besoin de porter atteinte à la fierté récemment retrouvée du peuple Chinois. Il y a mieux à faire : les accompagner en amis. Accompagner leurs pas, aimer leur fierté, comme on aime la réussite d’un membre de la famille.

J’ai trouvé un autre trésor dans ma bibliothèque : la Méthode pour Apprendre facilement la Géographie dédiée à Monseigneur le Duc du Maine, de monsieur Robbe, édition de 1746. Voilà ce qu’on pouvait y lire :

Les Chinois ont la démarche droite & fière, le visage large, le nez court, les yeux très petits & le tein olivâtre. Ils sont spirituels, industrieux, civils & magnifiques en leurs habits & en leurs manières ; mais ils sont extrêmement orgueilleux, avares, jaloux, mal-propres dans leur manger, lents à résoudre et esclaves des formalités.

Quid novi sub sole ?

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  1. Pierre Esselinck

    24 avril 2008 at 19 h 38 min

    Bonjour Denis,

    Je n’ai pas du te voir depuis un sacré moment, et j’ai mis un certain temps avant de réaliser que tu n’étais ni à la fac ni militant avec moi! :-). Et je me souviens très bien de ton accueil quand nous sommes venus en Chine avec Laurence.

    Je suis bien d’accord avec toi concernant le Dalai Lama, je suis trop antireligieux pour pouvoir soutenir aveuglement un moine. De ce point de vue j’ai aussi trouvé le billet de Melenchon particulièrement interessant.

    Par contre je ne suis pas sur que tu plaisantes quand tu regrettes que les jesuites n’aient pas répandus l’idéologie judeo-chrétienne en Chine? Sans déconner? Parce qu’ensuite tu enchaines avec la bonne blague de la défenseur des animaux en Chine…

    Bon je remercie de cet article que j’aimerai discuter plus longuement (comme tu le dis au début, tu dois pas mal être solicité! :-) ), mais j’ai un devoir à rendre tout à l’heure…

    bien à toi!
    Pierre Esselinck

  2. Pierre Esselinck

    24 avril 2008 at 19 h 47 min

    Ce serait pas plutôt:

    Nihil novi sub sole (?)

  3. JLM

    25 avril 2008 at 16 h 09 min

    Excellent article et trés trés bien écrit (découvert sur agoravox).
    Il donne à réfléchir…

  4. Jean Perry

    25 avril 2008 at 19 h 10 min

    Bonjour,

    je voudrais savoir d’où tu tiens certaines informations lorsque tu dis que « Bertrand Delanoë indique donc son soutien à un leader religieux qui veut rétablir une THEOCRATIE ».

    Où as tu lu que le Dalaï Lama souhaite rétablir une théocratie? Pourrais-tu citer des sources?

    Merci.

    Jean

  5. Nicolas

    26 avril 2008 at 13 h 27 min

    Lu sur le site de Jean-Luc Melenchon :

    LE PROJET POLITIQUE DU DALAI LAMA EST THEOCRATIQUE ET AUTORITAIRE

    A de nombreuses reprises dans les débats auxquels j’ai participé mes protagonistes ont pris argument de l’existence d’une « Constitution Tibétaine » dont la lecture suffirait à démonter la vocation démocratique du projet du Dalaï Lama. Le Dalaï Lama lui-même l’affirme dans son discours fondateur devant le congrès des Etats-Unis en 1987 : «… les tibétains en exil exercent pleinement leurs droits démocratiques grâce a une Constitution promulguée par moi-même en 1963… » Il y a eu bien davantage de dit à ce sujet. Cette Constitution serait même « laïque ». C’est ce qu’a déclaré en face de moi le représentant du bureau du Tibet à Paris sur le plateau de Paul Amar ainsi que chacun peut le vérifier en allant sur le site de l’émission « Revue et corrigée ».
    Cette Constitution, dite « Charte des tibétains en exil », est consultable sur le site officiel du « gouvernement tibétain en exil ». Cette lecture est indispensable. Elle permet de se faire une idée assez précise de ce que valent les déclarations, la main sur le cœur, de ceux qui débitent sur les plateaux de télévision que le Dalaï Lama est un parfait démocrate, laïque et ainsi de suite. Elle permet de vérifier si mon rejet du caractère théocratique des objectifs des indépendantistes tibétains est un pur a priori sans fondement de ma part, faussé par mes propres présupposés philosophiques et politiques. Et chacun pourra se demander s’il n’est préférable compte tenu des leçons de l’histoire en la matière depuis l’Afghanistan et l’Iran de refuser toujours et quelle que soit la religion, la confusion de la politique et de la religion. A tout le moins la lecture de ce document permet de vérifier que ceux qui parlent de Constitution « démocratique » et même « laïque » mentent sciemment pour manipuler les auditeurs dont ils espèrent qu’ils les croiront sur parole sans aller vérifier ce qu’ils disent. Par contre j’espère fermement que chacun puisse aller vérifier si les citations que je fais sont exactes ou non.
    Article 3. Nature de la politique tibétaine : « L’avenir politique tibétain doit respecter le principe de la non-violence et s’efforcent d’être un libre État de la protection sociale avec sa politique guidée par le Dharma »
    Ceux qui protestent contre l’introduction de la Charria, loi religieuse dans les constitutions islamistes deviennent-ils muets quand il s’agit du Dharma ? Ou bien l’opposition à l’introduction d’une loi religieuse – quelle qu’elle soit- dans une Constitution doit-elle être une règle universelle ?
    Cette vision religieuse du pouvoir n’est pas une référence isolée dans ce texte « constitutionnel ». Il prévoit notamment que le serment prêté par les Ministres est fait « au nom des Trois Joyaux (Bouddha, Dharma et Sangha) ».
    Enfin, la Charte se termine par une « Résolution spéciale », votée en 1991, dont voici un extrait qui en dit long sur le manifeste de veulerie féodale que le Dalaï Lama a sollicité de ses ouailles: « Sa Sainteté le Dalaï Lama, le chef suprême du peuple tibétain, a offert les idéaux de la démocratie au peuple tibétain, même s’il n’a pas ressenti le besoin de ces idéaux. Tous les Tibétains, dans le Tibet et en exil, sont et restent profondément reconnaissants à Sa Sainteté le Dalaï Lama, et s’engagent à nouveau à établir notre foi et notre allégeance à la direction de Sa Sainteté le Dalaï Lama, et à prier avec ferveur pour qu’il puisse rester avec nous à jamais comme notre chef suprême spirituel et temporel. »
    Voila donc ce qu’il en est du caractère « laïque » de la Constitution tibétaine affirmé par le représentant du bureau du Tibet à Paris. Voyons à présent ce qu’il en est de la « démocratie » tibétaine organisée par cette Constitution.
    Article 36. Pouvoir législatif. « Tout pouvoir législatif et autorité réside dans l’Assemblée tibétaine. Les décisions de celles-ci requièrent l’approbation de Sa Sainteté le Dalaï Lama pour devenir des lois »
    Vous avez bien lu. Après une formule péremptoire « tout le pouvoir au parlement » vient cette suite, dans un enchainement d’un cynisme absolu : pour qu’une « décision » du parlement tibétain devienne une loi, il faut que sa sainteté soit d’accord. Est-ce là l’idéal démocratique et les valeurs universelles que nous sommes censés défendre en défendant le Dalaï Lama et le Tibet des moines ?
    Et après cela il reste à se demander si l’idéal démocratique dont on se réclame pour protester contre l’actuel statut du pouvoir dans la province autonome du Tibet reçoit une alternative avec la concentration monarchique du pouvoir prévue par cette Constitution.
    Article 19. Pouvoir exécutif « Le pouvoir exécutif de l’administration tibétaine sont dévolus à Sa Sainteté le Dalaï Lama, et doit être exercé par lui, soit directement ou par l’intermédiaire d’officiers qui lui sont subordonnés, conformément aux dispositions de la présente Charte. En particulier, Sa Sainteté le Dalaï Lama est habilité à exécuter les pouvoirs ci-en tant que chef de la direction du peuple tibétain :
    (a) approuver et promulguer les projets de loi et des règlements prescrits par l’Assemblée tibétain;
    (b) promulguer des lois et ordonnances qui ont force de loi.
    (c) conférer les honneurs et les brevets de mérite;
    (d) convoquer, ajourner, reporter et prolonger l’Assemblée tibétaine;
    (e) envoyer des messages et adresses à l’Assemblée tibétaine chaque fois que nécessaire;
    (f) suspendre ou dissoudre l’Assemblée tibétaine;
    (g) dissoudre le Kashag (gouvernement) ou destituer un Kalon (ministre).
    (h) décréter l’urgence et convoquer des réunions spéciales de grande importance.
    j) autoriser les référendums dans les cas impliquant des grandes questions en suspens conformément à la présente charte.»

    LE VOCABULAIRE DU DALAÏ LAMA N’EST PAS ACCEPTABLE
    Pour fixer la sympathie des opinions occidentales, le Dalaï Lama utilise un vocabulaire qui tente un parallèle inacceptable avec la Shoa. Qui lui dira qu’en Europe nous considérons que la Shoa est un évènement radicalement singulier en tant que crime contre l’humanité. Nous n’acceptons pas d’en dissoudre le sens par des usages verbaux qui finiraient par en diluer la signification car cela reviendrait à le minimiser et à relativiser la responsabilité de leurs auteurs et des idéologies qui l’ont rendu possible. La référence permanente aux « six millions de tibétains » chiffre opportunément largement arrondi pour suggérer des parallèles, la référence nauséabonde à une décision des autorités chinoises « d’imposer une « solution définitive » » (les guillemets autour de cette expression sont dans le texte initial du discours devant le congrès américain), l’usage inacceptable du concept de « génocide culturel », à rapprocher de celui de « l’holocauste dont a souffert notre peuple durant les décennies passées » tout cela forme un tout qui ne peut être fait par hasard. Je m’en suis ému en voyant ces mots placés comme ils le sont dans les textes des discours. Mon émotion a grandi en lisant les notices biographiques consacrées à la personnalité de son mentor dans sa jeunesse, monsieur Harrer, puis de l’amitié qu’il lui a conservé jusqu’à sa mort.

    LE PROJET DU DALAÏ LAMA C’EST L’INDEPENDANCE ETHNICISTE.
    Un autre « must » des débats est d’affirmer avec les yeux brulants de compassion pour la misérable ignorance de son interlocuteur : « mais le Dalaï Lama, ne veut pas l’indépendance, pas du tout, il veut juste l’autonomie ». Pour preuve nous sommes renvoyés à sa déclaration à ce sujet devant le parlement de Strasbourg en 1998. De cette façon il ne nous reste plus qu’a dire que c’était exactement le discours des « résistants kosovars » du type du déjà « bon et pacifiste » Ibrahim Rugovar que l’on promenait en son temps sur les plateaux de télé avec son air pitoyable de chien battu, son écharpe attendrissante autour du cou même en plein été, et que l’on sait comment cela s’est fini. On nous réplique alors que nous faisons des procès d’intentions. Il faut donc se référer aux textes des discours du Dalaï Lama. Non seulement à la lettre de ce qui est dit mais à l’esprit de la démonstration. Le texte auquel je renvoie est sur le site : http://www.Tibet-info.net. Il date de 1987. Mais le site officiel des tibétains donne d’intéressantes précisions pour sa présentation. « Traduite pour la première fois en français, l’allocution du Dalaï Lama au Congrès des Etats-Unis à Washington le 21 septembre 1987 reste toujours d’actualité, comme nous le montrent les essais nucléaires en Inde et les récentes inondations en Chine. L’allocution marque plus encore que la proposition de Strasbourg du 15 juin 1988 la volonté de dialogue et la position du chef spirituel et temporel des Tibétains. » Donc ce texte de 1987 est “toujours d’actualité”. Il l’est même “plus encore que la déclaration de Strasbourg” de 1996. Nous voici donc prévenus. Lisons.« Alors que se poursuit l’occupation militaire du Tibet par la Chine, le monde doit garder présent à l’esprit que, bien que les Tibétains aient perdu leur liberté, du point de vue du droit international, le Tibet reste aujourd’hui un état indépendant soumis à une occupation illégale ». « Libéré de l’occupation chinoise, le Tibet continuerait à remplir aujourd’hui son rôle naturel d’Etat-tampon, préservant et favorisant la paix en Asie. » Cette analyse est au-delà d’une simple allusion. L’idée centrale est que le Tibet reste du point de vue légal un Etat indépendant quelle que soit sa situation actuelle.
    Il est significatif que dans ce document comme dans tous les autres, le Tibet dont il est question est celui qu’il nomme « le Tibet historique » qui, au total représente le quart de l’actuel territoire de la Chine ! « Mon désir le plus cher, à moi ainsi qu’au peuple tibétain, est de rendre au Tibet ce rôle précieux, en transformant à nouveau le pays tout entier, c’est-à-dire l’ensemble des trois provinces d’U-Tsang, du Kham et de l’Amdo, en une zone où régneraient stabilité, paix et harmonie. » L’énormité de cette revendication territoriale, son incroyable agressivité n’est jamais prise en compte dans aucun commentaire. Au delà de son caractère absolument explosif sur le plan géo politique, elle l’est tout autant sur le plan humain. Et c’est le Dalaï Lama qui la pose lui-même quand il dénonce la composition ethnique actuelle des régions concernées.
    « Dans les régions orientales de notre pays, les Chinois dépassent à présent très largement les Tibétains par le nombre. Par exemple, dans la province d’Amdo où je suis né, on compte d’après les statistiques chinoises 25 millions de Chinois pour seulement 750 000 Tibétains. Même dans la soi-disant Région autonome du Tibet, c’est-à-dire au Tibet central et occidental, les sources gouvernementales chinoises confirment que les Chinois sont à présent plus nombreux que les Tibétains. (…) Aujourd’hui, sur l’ensemble du territoire tibétain, 7,5 millions de colons chinois ont déjà été expédiés, dépassant une population tibétaine de 6 millions. Au Tibet central et occidental, désigné à présent sous l’appellation « Région autonome du Tibet » par les Chinois, les sources chinoises reconnaissent que les 1,9 millions de Tibétains constituent à présent une minorité au sein de la population.
    De plus, ces chiffres ne tiennent pas compte de l’occupation militaire estimée entre 300 000 et 500 000, dont 250 000 dans la soi-disant Région autonome du Tibet.
    Pour que les Tibétains puissent survivre en tant que peuple, il est impératif que cessent les transferts de population et que les colons chinois rentrent en Chine. » Je pense que cette dernière ligne doit être lue avec soin. Ce n’est ni plus ni moins que la purification ethnique. Cette conception de la définition des peuples non par leur droits égaux mais par leur ethnie est le propre de tous les ethnicismes et la racine de tous les racismes. Mais le Dalaï Lama ne réserve pas cette définition au seul cas du Tibet. Il se présente comme un fauteur de guerre en Chine en incluant dans sa revendication ethniciste d’autres provinces chinoises et d’autres minorités nationales dans le même discours. « La politique chinoise de transfert de population n’est pas nouvelle. Elle a déjà été systématiquement appliquée dans d’autres régions. Au début de ce siècle, les Manchou formaient une race distincte, avec une culture et des traditions propres. Aujourd’hui, il ne reste plus que 2 ou 3 millions de Manchou en Manchourie, contre 75 millions de Chinois qui sont venus s’y installer. Au Turkestan oriental, rebaptisé Sinkiang par les Chinois, la population chinoise est passée de 200 000 en 1949 à 7 millions, soit plus de la moitié d’une population totale de 13 millions. A la suite de la colonisation chinoise de la Mongolie intérieure, on dénombre 8,5 millions de Chinois dans cette région pour 2,5 millions de Mongols. » En application du même raisonnement, le Dalaï Lama demande-t-il à 91 millions de « colons chinois » et à la Chine de rentrer chez eux, c’est-à-dire d’évacuer la Mandchourie, le Sinkiang et la Mongolie ? C’est ce que demandent les porteurs de drapeaux tibétains dans les rues de Paris ? C’est ce que réclament Bertrand Delanoë et les autres zélés de l’enthousiasme de commande pour cet incroyable ethniciste religieux ? Non bien sûr. Ils ne savent même pas ce qui est dans les textes. Ils ne lisent pas, ils ne se renseignent pas. Pour eux, puisque par définition les chinois ont tort, tous ceux qui s’opposent à eux ont raison. Au nom des droits de l’homme on se retrouve occupé à défendre la théocratie, le pouvoir absolu et le nettoyage ethnique. Et le pire c’est que c’est sans le savoir. Aucune leçon du passé afghan, iranien et autres n’a été retenue.
    Après cela, et pour en finir avec la référence au discours du Dalaï lama au parlement de Strasbourg (http://www.tibet-info.net/www/Discours-de-Sa-Saintete-le-Dalai.htmlou) où il aurait renoncé à l’indépendance, je vais me contenter de citer le passage de ce discours qui est conscré a cet aspect de la question posée. Je lis qu’il reprend tout simplement l’affirmation du point de droit selon lequel le Tibet est un état indépendant en toute hypothèse. Le Dalaï Lama rappelle que c’est la revendication “irrestible” du peuple tibétain. Puis il déclare qu’il accepte de discuter sur une base qui met cette revendication. Ce qui n’est certes pas y renoncer. Voyons le texte. D’abord il rappelé la dimension centrale du fait ethnique c’est-à-dire de ce fait que le problème des droits de l’homme n’est pas une question rapportée aux individus mais au peuple en tant qu’entité : « Pour qu’il y ait progrès quant à la question des droits de l’homme au Tibet, il faut que la question du Tibet soit traitée comme un problème en soi. » Après cela, qui, de bonne foi peut dire que les phrases qui suivent sont une renonciation au caractère ethniciste et indépendantiste de la position du Dalaï Lama ? Lisez. « Historiquement et aux termes du droit international, le Tibet est un état indépendant soumis à l’occupation illégale chinoise. Cependant, au cours des dix-sept dernières années, depuis que nous avons établi un contact direct avec les autorités de Beijing en 1979, j’ai adopté une approche modérée de réconciliation et de compromis. Bien que retrouver l’indépendance nationale soit le désir irrésistible des tibétains, j’ai déclaré publiquement à maintes reprises que j’acceptais d’entrer en pourparlers sur des bases qui excluaient l’indépendance. L’occupation prolongée du Tibet présente une menace toujours plus grande pour l’existence même de l’identité distincte tibétaine, nationale et culturelle. Par conséquent, je considère que ma toute première responsabilité est de prendre toute mesure susceptible de sauver de la destruction totale mon peuple et son patrimoine culturel unique. »
    Dans la mesure où j’argumente il me semble que les personnes qui continueront à s’intéresser à ce débat pourront argumenter à leur tour pour motiver leurs opinions. Il va de soi que je suis très heureux quand j’apprends que mes textes sortent des frontières ou que mes lecteurs les font connaitre sur leurs propres listes. Comment, sinon, faire vivre un point de vue différent? Le matraquage médiatique et l’homogénéité en béton armé de la bonne conscience formatée ne nous laisse pas d’autres moyens d’agir. Mais nous avons ce moyen.

  6. Bruno.Labs

    27 avril 2008 at 3 h 16 min

    Bien cet article mais certaines choses m’agacent. J’aimerai, moi qui suit pro-Badinter revenir discuter de cette peine de mort, en france mais aussi aux états unis ou en Chine. Je pense aussi à ce pauvre jeune homme criblé par de balles par des policiers New Yorkais, ce jeune homme de 23 ans se fait descendre sans raison le jour de son mariage! et les poiliciers viennent d’être acquités ! Petit détails il etait … noir!
    j’aimerai évoqué aussi ces discours politiques américains qui se terminent toujours par « god bless you » en sachant que dans le même temps la mort a été infiligé a un homme dont la culpabiilté n’a pas été prouvé. Mais bon j’ai pas le temps, il y en a ici pour la peine de mort? ça existe encore cette race de gens? moi qui avait une bonne raison d’être pour, lorsque l’on a tué mon fils, et bien voyez vous cela ne m’a pas fait changer d’avis bien au contraire. bon j’ai du travail …je reviens. God bless You !

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