Sur un célèbre site web consacré à la radio, un débat fait rage à propos des futurs jingles de Virgin Radio, future-ex-Europe 2. Et les internautes de se battre sur “les jingles ce n’est pas tout”, “les jingles ça ne sert à rien”, et “les jingles c’est hypra-super-gravement important-t’es-c*n-toi-ou-quoi!”
Bon, et si on parlait sérieusement ?
Les jingles, en radio, ça sert à TROIS CHOSES :
1. STRATEGIQUE : Répéter la marque pour asseoir la notoriété en vue des mesures d’audience.
Rappelons que l’audience radio est mesurée en France par un système DECLARATIF, qui oblige les sondés à PRONONCER le nom de la radio qu’ils “ont écouté”. Or, tout un chacun sait qu’on ne prononce un nom de marque que s’il est dans le “top of mind”, le “haut” du cerveau, le “dessus”. Par exemple, si je vous demande à brûle-pourpoint de citer des marques de shampoings, vous allez probablement péniblement en trouver environ 5, et pourtant, quand je vous montrerai une liste de 20 ou 25 marques, vous vous apercevrez que vous les connaissiez TOUTES… mais… elles n’étaient pas dans votre “top of mind”. Une radio doit donc sans cesse répéter et répéter sa marque, pour que vous ayez un autre réflexe que “NRJ” ou “RTL” au moment de l’appel de Médiamétrie.
Pourquoi croyez-vous que pas mal de radios font des jeux vers 17 heures… hein ? Demandez à Médiamétrie…
2. PRATIQUE : Faciliter les transitions
Inutile de s’étendre là-dessus. Les transitions de tempo entre les chansons sont facilitées par les jingles, habituellement codés SS, SM, SF, MS, MM, MF, FS, FM, FF :-)
Et puis il y a les “donuts”, (Jingle chanté + instru un peu long + re-jingle chanté conclusif) qui permettent aux DJs de parler sur une durée fixe, donc contrôlée :-) et qui évite qu’on massacre une fin de titre (j’ai entendu une DJ parler sur la fin de My All, Mariah Carey, cet après-midi, dans une radio cliente. J’ai failli casser l’auto-radio !)
Enfin, d’autre transitions, un petit peu plus “psychologiques”, bénéficient des jingles. Un “retour de pub” par exemple, qui instille l’idée que “la radio est de retour”… gniac gniac gniac :-)
3. IDENTITAIRE : Revendiquer la couleur sonore de l’antenne
J’ai bien écrit “revendiquer” et non “définir”. Ne mettons pas le monde à l’envers.
Je me souviens de ce client à qui j’avais dit ” - Quand je suis venu il y a 6 mois, tes jingles sonnaient mieux que ta programmation radio, ce qui était un problème. Mais maintenant, c’est l’inverse, alors bravo, mais c’est aussi un problème !”
Traduction : il faut une parfaite adéquation entre les jingles et la programmation, et c’est une gageure perpétuelle. Comment rivaliser avec des albums fabriqués à coups de millions de dollars dans les meilleurs studios du monde ? La solution qui a été trouvée par les prods d’NRJ et d’Europe 2 est simple : détourner des parties instrumentales d’albums du commerce, et faire chanter dessus. Bien joué.
Alors… Virgin Radio… quel son ?
Peu importe, du moment que ce son correspondra au format musical (merci Monsieur de La Palisse).


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bien l’article, en fait c’est un logotype + son baseline version sonore…
mémorisation, séduction, identification, charte graphique en quelquesorte… Mais à quoi les SS, SM, SF, MS, MM, MF, FS, FM, FF correspondent exactement… ?
Alors je dirais :
Slow>Slow
Slow>Medium
Slow>Fast
Medium>Slow
etc
pour passer d’un morceau au tempo Medium à un morceau Fast, je pioche dans le jingle MF…
Mais je ne suis pas sûr.
merci Denis
je me doutais que c’était pour les transitions
mais je voyais quelque chose en rapport avec les passages ou enchainement (intervention micro, musique slow, dance, pub ou promo, etc.)