Un magazine chinois – sur papier, si, si, ça existe encore – vient de publier une petite interview de votre serviteur. Je vous épargnerai la version en idéogrammes :-) Allons-y pour une bonne traduction française.
Vous êtes arrivé en Chine en 2000 pour diriger les programmes de plusieurs radios bilingues. Quelles différences voyez-vous entre cette époque-la et la Chine d’aujourd’hui ?
Il y a quelques chauffeurs de taxi qui parlent anglais ! C’est un progrès ! Plus sérieusement, je pense que la Chine – qui a 6.000 ans – s’inscrit dans un rythme plus lent que les « jeunes » nations. Sur huit ans, il y a bien sur beaucoup de changements, mais ils s’inscrivent dans une logique d’évolution longue, sans jamais trahir l’identité chinoise qui est si forte.
Qu’en est-il des radios ? Des changements aussi ?
Les chinois ont une relation particulière avec la radio. Elle reste un média très fort, qui bénéficie d’une importante fidélité de ses auditeurs. Ils sont moins « zappeurs » que ne le sont les auditeurs occidentaux, et ils acceptent de la radio qu’elle leur donne des rendez-vous fixes, précis. Ça n’existe plus dans nos pays, ou seule la télévision bénéficie de ce privilège. Les radios musicales, en revanche, sont encore très … empiriques. Il y a une notion « éducative » qui perdure derrière chaque disque qui passe… Il n’y a toujours aucune considération pour les outils modernes de programmation – enfin… des outils déjà utilisés depuis 20 ans partout dans le monde… :-)
Que pensez-vous des productions musicales locales ?
La Chine est un incroyable vivier de talents musicaux. Et vos concitoyens ont un sens mélodique très poussé. En haute saison, il y a des concerts en plein air à chaque coin de rue, et tout un chacun peut – et ne s’en prive pas – monter son propre groupe, assuré de pouvoir se produire en public. Mais d’un autre cote, aucune production sérieuse n’est possible et ces gamins auront toutes les peines du monde a vivre de leur envie de chanter, puisque la Chine a aussi été l’une des plateformes les plus importantes du piratage de DVD, CD, etc. Le premier marché qui en subit aujourd’hui les conséquences est évidemment le marché des productions locales.
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