S‘élever un tant soit peu de la médiocrité artistique ambiante est toujours bienvenu. Se faire aider en suivant un parcours soigneusement balisé est un privilège. C’est ce que propose Le Figaro ces semaines-ci avec sa collection Karajan.
Et le principal intérêt de cette collection n’est pas tant de nous faire redécouvrir le Mastro, mais c’est surtout le travail éditorial de choix des oeuvres qui est à noter. Alors que les 800 oeuvres enregistrées par Herbert von Karajan penchent évidemment naturellement majoritairement vers la musique d’outre-Rhin, le Figaro a opéré une pondération qui permet d’obtenir une collection musicalement très ouverte, variée.
Certes, 4 albums sont consacrés à Beethoven, 4 autres à Mozart (comment faire autrement ?) mais la collection s’élargit à Tchaïkovski, Bizet, Verdi, Puccini, et un album entier est intitulé « Karajan et la musique française ».
Ainsi, les choix éditoriaux permettent d’apprécier l’oeuvre du maître dans toute son envergure. Karajan, qui dirigeait sans partition, par coeur, était extrêmement intéressé par la qualité de la reproduction sonore… ce qui s’entend immédiatement dans ses enregistrements. A tel point que sa contribution fut primordiale – nous apprend le Figaro – dans l’avénement du CD.
Tout commence durant les années 1970 par la rencontre d’un autre démiurge : le Japonais Akio Morita, fondateur et maître de l’empire Sony. (…) Avec son adjoint Norio Ohga (qui a étudié le chant à Berlin, et même chanté la partie de baryton du Requiem de Fauré chez Sony !), Morita répond donc à l’invitation de Karajan, qui les a conviés à Salzbourg. (…)
Conscients que le microsillon a fait son temps, ils débattent de cette nouvelle technique mise au point par Philips : le son numérique. (…) Convaincu, Karajan fait pression sur Philips (qui possède Deutsche Grammophon et qui est donc lié à Karajan, le chef constituant un tiers de leurs ventes !) pour qu’ils accélèrent leurs recherches et œuvrent avec Sony.
On peut se procurer la collection Karajan du Figaro en cliquant ici. Et pour les fans ultimes, sachez que Mont-Blanc propose un stylo « Herbert von Karajan » !
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