Éditos
La maladie d’Europe 1 est celle des post-modernes

La maladie d’Europe 1 est celle des post-modernes

Être derrière RMC, c’est une chose. Un sens logique de l’Histoire. Le résultat d’un travail formidable des équipes d’Alain Weil et Frank Lanoux depuis des années. Mais être derrière France Info, c’est une insulte.

Europe 1 est une maison magnifique, mais elle souffre de la maladie du siècle : une totale absence de culture et une fréquence de remplacement de ses patrons qui donne le tournis. L’absence de culture, c’est ce qui fait que l’entreprise ne peut pas bénéficier des erreurs des générations précédentes.

Contrairement à Apple – ou RTL -, où la culture d’entreprise est très forte et la valse des dirigeants rarissime, chez Europe 1, on ne se souvient de rien. Chez Europe 1, on est capable de nommer Jean-Pierre Elkabbach patron des antennes trois fois en trente ans, en oubliant que dès la première fois, ce fut une catastrophe. Chez Europe 1, on est capable de laisser partir Laurent Ruquier sans se battre, oubliant que pour créer une star maison en remplacement, il faut des cadres qui sachent travailler l’humain, le programme, le marketing, bref des gens de radio. Or, des gens de radio, on n’a pas ça en stock, à l’étage des directeurs…

RTL a fait cette bêtise avec Bouvard, vous vous souvenez ? Une fois… UNE SEULE FOIS ! Car RTL apprend de ses erreurs, comme tout organisme en bonne santé.

Ainsi que me le confiait un cher ami qui a passé des années rue François Ier :

« – Chez Europe 1, l’ennemi, ce sont les FBI, les Fausses Bonnes Idées, celles qui viennent immanquablement dans les valises des « nouveaux patrons ». »

Europe 1 renaîtra probablement de ses cendres, mais une fois de plus la maison n’apprendra rien de cette chute. Car de « maison », en fait, il n’y a plus. Un autre ancien d’Europe m’explique :

« – Lorsque nous arrivions rue François Ier, même si nous avions 18-20 ans, nous étions pétris de la culture et de l’Histoire d’Europe 1. Les gamins qui y travaillent aujourd’hui ne savent rien des erreurs – ni des succès – de leurs prédécesseurs. Chaque nouveau recrutement est une bombe à retardement. »

En fait, la maladie d’Europe 1, c’est de ne pas être RTL.

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