L’article qui va vous convaincre de m’interner à Charenton

Date de publication :
10 mars 2010

Rubrique :

L’article qui va vous convaincre de m’interner à Charenton

Et si on remettait à plat toute l'industrie musicale ?

Comme n’importe quelle personne dotée d’un cerveau en état de fonctionnement (si, si), je sors effaré de chaque rendez-vous avec les maisons de disques, labels comme majors. N’osant imaginer que ces armées de sur-diplômés en cravate soient autant d’handicapés mentaux, je me dis qu’ils doivent le faire exprès : tel des matelots du Titanic, ils nient cet énorme iceberg qu’on appelle “réalité”.

Exemple à mourir de rire : un déjeuner le mois dernier avec un big boss de chez Universal qui me regarde droit dans les yeux et me dit “ok, vous voulez nos vidéos pour votre plateforme web… ok… mais… êtes-vous prêts à investir les sommes conséquentes qui seront nécessaires bien avant que vous ne puissiez rentabiliser votre plateforme ?
Ce qui se traduit exactement par : “Comme ce que je vous vends n’a aucune valeur commerciale, êtes-vous capables de me payer pendant des mois et des mois en pure perte ?” Amusant, non ? Bon, Universal a payé le déj’, et j’ai quand même bien ri… surtout en pensant à toutes ces vidéos sur Vevo avec embed autorisé :-) Ils devraient se parler un peu entre eux, chez Universal :-)

Bref, les maisons de disques, il faut simplement arrêter de les considérer comme des partenaires. Elles sont devenues les ennemis des diffuseurs, les ennemis de la chaine naturelle de promotion (web), et donc, in fine, évidemment, elles sont même un véritable problème pour… les artistes.

La raison pour laquelle elles sont encore “in the loop” est que nous manquons d’imagination. Nous n’osons rien.

Maintenant, pensons “outside the box”… et imaginons… Imaginons un schéma tout à fait différent, en 4 étapes.

Etape 1 : Quelques artistes importants décident de ne plus enregistrer leurs créations à la Sacem et font ordre à celle-ci de ne plus percevoir aucun centime sur leurs oeuvres à venir.

Etape 2 : Ces mêmes artistes créent une Société d’un nouveau genre, qui agit A LA FOIS en tant que MAISON DE DISQUES (enregistrement, production, promotion) et en tant que GESTIONNAIRE DES DEPOTS des créations, pour les protéger (Sacem-like).

Etape 3 : Les artistes versent un pourcentage de leurs revenus du LIVE, du MERCHANDISING et des VENTES DE CDS à cette Société, dans un mode de quasi “mutuelle”. Les artistes exigent aussi d’être payés pour chaque apparition “live” en TV (chant, co-animation de plateau, etc).

Etape 4 : Cette Société d’un nouveau modèle offre aux radios, aux TV et aux sites webs la diffusion ABSOLUMENT GRATUITE des oeuvres en question, audio et vidéos, considérant les chansons et les clips comme des éléments PROMOTIONNELS.

Et voilà !

  • Ainsi sera consacrée l’évidence que les songs sont devenus des objets promotionnels qui n’ont AUCUNE RAISON d’être payants.
  • Ainsi les artistes seront rétribués pour leurs PRESTATIONS VIVANTES et non en “récompense” de 30 minutes passées dans un studio il y a 20 ans…
  • Ainsi la chaîne naturelle de promotion (de proche en proche, sur le web, en radio, etc) sera entièrement libérée.

Maintenant, je serais ravi d’entendre vos réactions !

Je mérite l’internement à Charenton … ou pas ?

ps. Pour mieux comprendre, lisez cette nécessaire lettre ouverte aux maisons de disques.

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