Les livres plutôt que la Bourse

14 avril 2008

Vous ne connaissez peut-être pas Patrick Sourget.

La libraire Sourget est la plus riche de France, voire du monde. Ses catalogues sont des merveilles, des références, des puits de savoir. Si vous possédez une dizaine d’années de ses catalogues (soit 20 éditions), vous pouvez être sûr que vous couvrez en documentation l’intégralité des éditions originales les plus luxueuses de tous les textes qui comptent dans la culture française.

Les prix des livres sont aussi à l’avenant. N’espérez rien à moins de 35.000 euros, et comptez plutôt 500.000 pour un truc sympa. Bref… de beaux livres !

Or, Patrick Sourget a eu une autre vie. Il a été banquier. D’aucuns disent avec humour qu’il l’est toujours. Et Sourget de leur répondre, par une étude qu’il publie en ce moment, et qui fait grand bruit.

Cette étude, réalisée avec l’aide des services de la Banque Lazard, est la première consacrée à l’évolution du prix réel des livres rares et précieux du XIXe siècle à nos jours.

Le libraire a comparé les trajectoires de prix de quelques ouvrages caractéristiques, de l’édition originale du « Discours de la Méthode » de Descartes (1637) à un exemplaire des « Fables » de La Fontaine de 1668, en passant par une édition originale des « Essais » de Montaigne (1580), avec des placements tels que le Dow Jones, l’immobilier américain depuis 1890, un Napoléon, un hectare de terre labourable en Ile-de-France, l’indice du coût de la construction en France et le pouvoir d’achat réel en Euro constant 2008.

« Entre 1977 et 2004 l’indice Dow Jones a fortement progressé, passant de 831 à 10783 soit un multiple de 12,9 ; « Le Discours » en vélin de l’époque passait pendant cette même période de 6.800 à 290.000 Dollars soit un multiple de 42,6. En 27 ans, ce livre a donc vu sa valeur croître près de quatre fois plus vite que celle du Dow Jones, considéré sur cette période comme l’un des meilleurs investissements », indique à titre d’exemple Patrick Sourget, qui précise ne pas inclure, de surcroît, la fiscalité, les frais des intermédiaires… etc. Sur les 10 dernières années, le prix de l’ouvrage a progressé de 260% contre 40% à l’indice boursier américain. CQFD !

Sourget conclue son étude par ces mots pleins d’espoir :

« L’accroissement de la demande de beaux livres anciens, internationale bien sûr, malgré l’obstacle de la langue, suivra, dans les décennies à venir, l’ascension du nombre de nouvelles fortunes, parmi lesquelles plusieurs souhaiteront posséder une prestigieuse bibliothèque qui fera office d’anoblissement culturel, étape ultime à la consécration d’une vraie réussite sociale au XXIe siècle »

L’étude est téléchargeable ici.

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  1. TV et livres

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{ 2 comments… read them below or add one }

1 Hervé avril 15, 2008 à 10 h 10 min

Article très intéressant. Cette étude est passionnante.

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2 LAJEANNE DANIEL mai 17, 2008 à 19 h 15 min

Bonjour, j ai beaucoup d anciens livres.par exemple : VAN-SVVIETEN IN BOERHAAV APHORISMOS daté de 1771 entièrement en Latin(Prix des Hospices civils de Paris 1812). Pouvez vous me dire si cela à une valeur quelconque ? La couverture est dans un bon état .
Merci d’avance de votre amabilité

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