L’inconfort fait vendre des soutiens-gorge

24 novembre 2007

L’autre semaine, invité à un vernissage à Milan, j’ai du emprunter un avion EasyJet (billet acheté par l’organisateur – pas de ma faute !).

L’idée de « pas de place numérotée » n’est pas si anodine qu’on pourrait l’imaginer.

Regardez les ouvertures des soldes dans les magasins. Hier limités aux USA, ces « événements » commencent à arriver chez nous. Des harpies déchaînées écrasent leurs voisines pour un soutien-gorge dégriffé (et dégrafé) et font brûler leur Visa, persuadées de « faire des économies ».

Idem à la sortie d’un tome d’Harry Potter ! Ou d’une nouvelle console de jeu au Japon…

Bref, le vendeur vous met dans une situation inconfortable dont vous sortez avec succès, ayant bravé les difficultés, ayant donc en quelque sorte « gagné » la solde ou votre place dans l’avion. Vous êtes donc – tout est là – flatté(e) ! Et ça, c’est très fort, c’est très moteur, comme sentiment !

Lorsque j’ai vu la horde de touristes se jeter sur l’avion de Milan, j’ai fait le rapprochement. L’inconfort fait vendre, puisqu’il engendre une nécessaire victoire du client contre les conditions effarantes dans lequel on le place.

Si je suis assis à une bonne place dans un coucou Easyjet, c’est parce que j’ai été plus intelligent que mes voisins.

Et si j’ai acheté le seul soutien-gorge 95D disponible dans le magasin, c’est que mes talons se sont enfoncés bien profondément dans les pieds de mes voisines.

Quel talent !

Et vive le marketing.

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