
» – J’étais à deux doigts de m’oublier tout à fait lorsque j’ai décidé précisément le contraire : devenir moi entièrement, mort comprise. »
D‘abord, tu te caches derrière elle. Tu accordes ton regard à ce que tu devines du sien. Tu mates cette main-là qui a fait couler les mots urgents que tu as lus et relus. Bêtement onirique, tu lui chuchoterais bien des sons, des ondes de la ville, des pas sans rythme sur un bitume forcément mouillé, des échos magnétiques et des bandes idem qui se rembobinent, tête de lecture collée serrée, la PER 528 qui crisse. Tu la noierais de sinusoides organisées. Tu lui redirais la radio, tu lui crierais qu’elle lui manque.
Félicie est d’un autre aujourd’hui. Pas le vôtre, non, juste un autre. Un aujourd’hui né d’un passé éventré. Un aujourd’hui fait de personnes qu’elle prend le temps d’aimer. Un aujourd’hui huitième jour qui s’éveille à Dieu et ose Lui demander « pourquoi ? ».
Félicie écrit, Dieu merci, justement.
Il serait malpoli – mon père lit mes articles ; je ne peux donc être malpoli – de trop parler de Félicie. Ce serait lui voler ce qu’elle vit de faire : s’écrire. Dans ton époque égotiste, Félicie écrit son identité dans ce qu’elle aime chez les autres. C’est tellement suranné, d’aimer les autres vraiment mais sans aimer leurs erreurs parce que leurs erreurs ne les aiment pas. Et merde à la tolérance. Pardon Papa.
Félicie Dubois est une flamme qu’on approche avec respect, apeurés parce que nous nous savons vieux et nos orgies morbides, et qu’elle nous ramène à l’essentiel, à ce à quoi l’on ne veut penser.
Félicie est d’une dévoreuse et sanguine beauté.
Je l’aime. En silence. Et ça n’est pas près de s’arrêter.
Félicie Dubois vient de publier « Punto Final » aux Editions Bayol, et tu peux l’acheter en cliquant sur l’image ici.





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