Éditos
On the air

On the air

J’avais il y a quelques années écrit pour mon blog un article intitulé « La Radio, c’est Le Moulin-Rouge. » Je tentai d’y expliquer que nous faisions tous le même métier : théâtreux, radioteux, magiciens ou danseuses, nous créons du rêve, de la détente, nous offrons un moment hors du réel. (Oui, cet édito ne concerne pas les journalistes… )

Or, de passage à Londres la semaine dernière, je me suis offert ce qu’on devrait tous s’offrir lorsqu’on se trouve dans la capitale britannique : un « Musical ». Autrement dit, une soirée de comédie musicale au théâtre. Si les leçons qu’on en retire sont nombreuses, elle ont toutes un aspect commun : un extrême professionnalisme dédié à 100% à la satisfaction du spectateur.

Et croyez-moi, il en ressort avec une énorme banane, le spectateur !

Je ne peux donc m’empêcher de faire le parallèle avec notre industrie.

Lorsqu’un animateur est pédant, imbu, pas drôle, private-joker, méprise la musique qu’il diffuse, se gausse d’une chanteuse, etc., que fait-il ? Non seulement il abîme la marque qui le paie, mais encore il prend la place d’un type talentueux, humble, travailleur, qui est au même moment en train de chercher du boulot. Bref, il vole son salaire.

Lorsqu’une station refuse de se soumettre à la recherche musicale, lorsqu’elle programme en dépit du bon sens, lorsqu’elle diffuse des artistes ou des titres pour lesquels le public ne manifeste aucun intérêt, que fait-elle ? Non seulement elle ne récolte aucun résultat, mais encore elle prend la place sur le cadran d’une radio qui pourrait faire mieux, plus fort, plus fun. Bref, elle vole son statut, sa licence.

Mille justifications sont possibles pour excuser le manque de focus sur l’auditeur. La plus fameuse (et fumeuse) étant : « ah, mais nous, nous avons une mission spécifique. » Ne riez pas. Pendant que la BBC (publique, donc) produit Radio 1, une véritable leçon permanente de bonne radio, d’autres ne prennent même pas l’auditeur en considération pour concevoir, programmer, produire. Le résultat est bien évidemment à l’avenant…mais peu importe… leur « mission » n’est pas de faire de l’audience !

En ces jours où nous faisons mémoire de Margaret Thatcher, je me permettrai de conclure en la paraphrasant, à l’adresse des radios qui ne font pas leur boulot. Comme elle demandait à l’Europe « rendez-moi mon argent », je dirais… « rendez-nous les fréquences. »

Par ricochet, ce papier est bien évidemment un hommage à tous les magiciens des ondes, qui, chaque jour, renouvellent le miracle de la radio ! Chapeau bas.

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