Imaginons un instant le texte suivant, et considérons-le comme une histoire à part entière :
- Un oiseau.
C’est court, n’est-ce pas ? Il n’y a même pas de verbe.
Pourtant, cette "histoire" nous présente bien l’idée complète d’un oiseau, sans avoir besoin d’ajouter quoi que ce soit. L’entièreté d’un oiseau – incluant son passé, son présent et son futur – est bien contenue dans mon "histoire".
Voici une autre histoire :
- Un oiseau marron.
Il est tentant de dire que cette "histoire" raconte plus de choses que la précédente, non ?
Dans la version précédente, nous parlions seulement d’un oiseau, alors que nous évoquons maintenant cet oiseau précis : un oiseau marron. N’y-a-t-il pas ici PLUS d’informations ?
D’une certaine manière, si. Mais d’un autre point de vue, nous avons désormais "moins d’histoire" : une histoire qui envisage moins d’informations. Auparavant, notre histoire englobait tous les oiseaux, alors qu’en ajoutant le mot marron, nous avons réduit l’espace de notre histoire à un certain type d’oiseaux.
Encore une histoire :
- J’ai vu un oiseau marron.
L’espace de notre histoire se réduit rapidement. Alors que je révèle de plus en plus d’informations concernant cette histoire particulière, l’histoire s’en trouve désormais réduite à une "expérience" de plus en plus étroite. Souvenez-vous : l’histoire nous parlait des oiseaux… et maintenant elle nous relate uniquement un moment particulier pendant lequel j’ai vu un type particulier d’oiseau. Cette histoire m’inclut aussi maintenant, mais elle rejette tous les autres moments et tous les autres types d’oiseaux.
Donc, PLUS j’en dis, MOINS je transporte d’informations.

