J’ai fait découvrir à mon fils cet après-midi la page “radios” de la Freebox. Wow ! Toutes les radios disponibles du bout de la télécommande. Le son parfait. Le service à domicile.
La plupart des patrons de radios sont ravis lorsqu’on les informe que leur station est aussi diffusée sur la Freebox, et sur le net, etc. On les comprend. Leur culture est celle de la multiplicité des points de diffusion : la chasse aux émetteurs et aux autorisations, de ville en ville.
Pourtant, je ne m’extasie pas avec eux, bien au contraire.
Pourquoi un annonceur achète-t-il de la radio ? Souvenons-nous de nos Powerpoint de jadis…
La Radio est… MOBILE. Elle accompagne l’auditeur dans son appartement, de pièce en pièce. Elle est à côté de son lit au réveil, posée sur le lavabo au rasage, sur le frigo au petit déj, et dans la voiture sur le chemin de l’école et du boulot. Elle est aussi dans la voiture lorsque je me gare au supermarché, dernier média avant mon acte d’achat. Pas mal ! Aucun autre support ne peut rivaliser.
Alors voila. Si la radio devient sédentaire, écoutée à travers la télé ou l’ordinateur, objets posés, figés, quel avantage conserve-t-elle face à la TV elle-même ? Doit-on s’étonner que les gamins préfèrent NRJ 12 à NRJ ? Doit-on s’étonner qu’ils préfèrent la version “avec image” ?
Orson Welles disait que l’avantage de la radio, c’était d’être privée d’images. C’est un avantage si son contenu fait appel à l’imagination, et qu’elle n’est pas juste une TV sans image… La Radio, numérique, sur des terminaux mobiles, (téléphones, etc.) OUI ! La Radio sédentaire, sur des terminaux informatiques ou télévisuels, NON !
Il y a fort à parier que la Radio ne survivra (comme chaque média survit s’il est nécessaire dans ce qu’il apporte) que si elle conserve son identité propre, dans laquelle la mobilité a un rôle non négligeable. C’est comme ça que le livre a fait disparaître les rouleaux antiques, à la mobilité nulle. C’est aussi comme ça qu’il a survécu. Parce qu’on peut le glisser dans la poche et le lire n’importe où.

