Avant, il y avait le monde 1.0.
Dans ce monde-là, on passait beaucoup de temps à préparer un produit avant son lancement. Lorsqu’on le lançait, on avait déjà porté le produit au maximum de ses possibilités. Il fallait donc qu’il rencontre le succès, tout de suite. Faute de quoi, on n’avait d’autre solution que de le tuer, puisque, de fait, on l’avait déjà optimisé au maximum; il n’y avait pas de place pour d’éventuels réglages post-lancement.
Puis, vint le Web.
Et avec lui, le monde 2.0.
Lorsque les patrons de radio et leurs Directeurs des Programmes s’enquièrent d’une lecture intéressante, il est judicieux de les envoyer vers… “Getting Real“, le génial bouquin de 37Signals, qu’on peut lire en ligne gratuitement et légalement ici.
Les auteurs (la boite derrière Basecamp), y posent des principes qu’ils ont découverts durant le développement de leurs produits. Ce sont des principes simples, souvent même pas originaux (de l’aveu même des auteurs), mais qui vont à l’encontre de beaucoup de réflexes prétendument industriels. Or, n’importe quel professionnel de la radio qui lit ce livre ne peut qu’être épaté par l’aspect involontairement “radio” de beaucoup de chapitres.
Le livre tourne autour d’un principe : FAITES, au lieu de préparer. Mettez en ligne, soumettez au public. Et faites SIMPLE, efficace, avec… MOINS de fonctionnalités que vos concurrents.
Reid Hoffmann, le créateur de LinkedIn, le dit de manière encore plus claire :
Si vous n’avez pas honte de votre produit au moment de son lancement, c’est que vous le lancez trop tard ! Reid Hoffmann, cité par Loic Le Meur
Or, lancer un produit radio trop tard, c’est la pire des choses qui puisse vous arriver.
Capturer l’air du temps, maintenant
Une émission radio, un concept, un format, c’est la rencontre entre l’air du temps (la vraie vie des auditeurs), et la réponse que des professionnels (nous) vont donner à cet air du temps pendant quelques heures chaque jour. Bien sûr, certains formats sont plus pérennes. En France et en Belgique, Les Grosses Têtes, sont un exemple d’un produit qui dure… Mais… pensez-vous que le format des Grosses Têtes n’a pas évolué tout au long des années ? Bien sur que si. Sans cesse… de subtils ajustements.
Votre ennemi : le lézard
Il est fréquent de rencontrer des Directeurs des Programmes qui savent que leur radio saigne, qui savent que tel ou tel show ne fonctionne pas, qui savent qu’ils ont une solution, là, à portée de main, sur papier, mais qui, in fine, ne font rien.
Malheureusement, ce comportement, aussi terrible soit-il, est tout ce qu’il y a de naturel. C’est un comportement dicté par notre cerveau archaïque. Celui qui nous chuchote : “Ne prend pas de risque !” ou “Et si tu te plantais, survivras-tu au ridicule de l’échec ?”. Cette partie – physique – du cerveau s’appelle “Le Lézard”.
Seth Godin explique très bien certaines implications de la grosse bébête :
Savez-vous pourquoi tant de boîtes sont à la traîne d’Apple ? C’est parce qu’elles s’engluent dans les compromis, les réunions, qu’elles ont peur de la critique et qu’elles s’appliquent à satisfaire le Lézard. Les réunions, par exemple, ne sont que le symptôme d’une organisation menée par le cerveau archaïque. D’autres symptômes sont les lancements tardifs et des produits sans ambition. Seth Godin
Combattre le Lézard est l’affaire de chaque minute. Plus votre entreprise est importante (en taille, en structure et en chiffre d’affaires), plus le Lézard sera agressif, transformant peu à peu votre radio en un bloc de granit immuable.
Là encore, nous pouvons nous référer au monde du Web, en nous posant une question toute simple : pour quelle incroyable raison Flickr n’a-t-il pas inventé Instagram ?
Par quel coup du sort a-t-il été possible qu’une petite startup devienne leader sur le marché de la photo mobile instantanée et sociale, en partant de zéro, alors que Flickr avait la notoriété, les capacités techniques, la légitimité, les millions de membres inscrits, l’argent, et le support de Yahoo! ?
La réponse est horrible : c’est justement à cause du “support de Yahoo” que Flickr s’est fait voler ce marché. Des tonnes de réunions chez Yahoo!. Des limites juridiques de Yahoo!. Des obligations groupe de Yahoo!. Bref, la peur de sortir le produit. Résultat : Flickr/Yahoo! s’est fait manger le marché.
La radio est flexible
Vous souvenez-vous de ces présentations que les régies faisaient aux annonceurs dans les années 90 ? On y donnait les 10 raisons pour lesquelles il fallait acheter de l’espace publicitaire en radio. Et dans cette liste, il y avait un aspect fort original de la radio : la flexibilité.
C’est vrai, modifier un spot, en TV, c’est lourd. La fabrication prend des semaines, la planification des heures. Changer un 4×3 affiché en plein centre ville, c’est une gageure. Mais… modifier un contenu en radio ? 15 minutes de studio, et zou ! Remplacement du fichier dans le soft de diff, et voila, tout beau tout propre.
Mais combien d’entre nous utilisent cette flexibilité pour la radio elle-même ? Ce qui est bon pour un annonceur… est bon pour nous aussi. Comprenez par là : au lieu de vous gratter la tête pendant 3 mois à la recherche de la formule magique et du show parfait… mettez votre brouillon à l’antenne ! Chaque jour, ensuite, polissez, réglez, modifiez, améliorez, retranchez, nettoyez, ajoutez, etc. Vous avez une idée ? Foncez en studio, ouvrez la porte, et mettez votre idée à l’antenne.
Seule l’antenne baptise chaque idée.
Et seuls les auditeurs la valident.
Alors… qu’attendez-vous ?


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…extraordinaire observation…tout ce que tu dis est vrai en l’ayant vécu !
Avec l’arrivée du web et de l’informatique en général, les radios FM fonctionnent maintenant, pareil que des webradio! C’est fini les animateurs on live et le matos mécaniques, maintenant, tout est programmé d’avance, les émissions, les chroniques et les playlists, tout est diffusé en diffèré! Les animateurs radio ne sont plus à l’antenne même si on les entend parler à longueur de journée! Les seuls moments où sa travaille, où il y a vraiment du monde dans les studios, c’est lors du morning, le midi et quelques fois le soir. Le reste du temps, c’est un gentil logiciel qui fait tourner la baraque, comme pour les petites webradios! (…)