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Virgin Radio : enfin la convention !

Virgin Radio : enfin la convention !

Lorsque vous reformatez un produit radio, vous recevez assez rapidement les premiers mails d’insultes des talibans qui étaient encore à l’écoute de la station que vous êtes en train de sauver de la mort. Ils étaient 12 (ou 1 million, peu importe), et ils ne sont vraiment pas contents ! Vous savez alors que vous êtes dans le bon… le paquebot change doucement de cap… votre travail prend forme.

La radio en France nous en donne deux exemples récents : le changement d’opérateur de Ouï FM, et le repositionnement de Virgin Radio.
Dans les deux cas, comme de bien entendu, des foules de bobos-rock énervés se sont épanchés sur les réseaux sociaux à coup de « on m’a tué ma radio ». Ce qui devait satisfaire au plus haut point les opérateurs, qui cherchaient à tout prix à se sortir de l’ornière sociologique et industrielle de leur format précédent…

J’ai lu avec attention les deux récents articles sortis consécutivement au changement de format de Virgin Radio. Si je suis évidemment d’accord avec Antoine Blin en ce qui concerne l’incroyable (et ridicule) instabilité de l’ex-Europe 2 – instabilité que j’avais évoquée ici lors du changement de nom – je suis moins d’accord avec Marc Cohen dans sa dithyrambe anti-Lestra. Au delà du fait que les attaques ad-hominem – particulièrement contre quelqu’un d’affaibli – n’ont pas leur place dans ce qui doit rester un débat industriel, nous devons aussi à l’honnêteté de dire que pour la première fois, un patron du Pôle FM Musical de chez Lagardère prend les choses dans l’ordre, en renégociant d’abord la convention de sa station avec le CSA.

Rendre une radio « nécessaire », c’est d’abord la positionner face à une demande non satisfaite du public. Je n’ai pas l’intention de discuter ici du nouveau positionnement musical de la station. Mais en revanche, on ne peut que féliciter la rue François Ier pour s’être donné les moyens légaux de mettre en oeuvre ce qu’ils pensent être le bon format. Il reste maintenant à trouver les bonnes personnes pour executer ce format. C’est évidemment une autre paire de manches, mais l’hexagone ne manque pas de talents. C’est le moment d’envoyer vos maquettes, les gens !

Ainsi que je le notais dans cet article il y a 3 ans, les dirigeants successifs d’Europe 2 / Virgin ont tous sacrément manqué d’humilité face au produit. Alors, entendre de la bouche de Jean Isnard : « Moi je n’ai aucun état d’âme à refaire des choses qui fonctionnent », c’est plutôt bon signe, non ?

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